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mercredi, 05 juillet 2017

Pas de portrait du Président de la République à Saint-Julien-en-Genevois

Il y a des traditions désuètes et absurdes auxquelles il est parfois nécessaire de mettre fin. C'est ainsi qu'en 2002, la majorité parlementaire de l'époque, dans la foulée d'une élection présidentielle consacrée au thème de la "tolérance zéro" prônée par Jacques Chirac, s'était largement opposée à la proposition du Gouvernement de renouveler la traditionnelle amnistie post élections présidentielles. L'opération n'avait qu'à moitié aboutit car les services pénitentiaires de l'époque avait intégré cette tradition dans leur gestion des peines. Mais ce résidu de tradition monarchique a définitivement disparu 5 ans plus tard.

Pour que la France devienne une véritable république qui responsabilise ses citoyens face à l'avenir du pays, il faudra se débarrasser de nombreux autres attributs monarchiques qui n'ont pas grand chose à voir avec une République en marche, moderne, libre et qui se souhaite participative. A commencer par la tradition désuète du portrait du Président de la République affiché dans les mairies.

Cette tradition directement issue des monarchies et des dictatures avait sans doute un sens avant l'avènement des médias modernes. Il était alors utile pour chacun de connaitre le visage du souverain de crainte d'être embastillé pour un faux pas. Un peu comme aujourd'hui, les agents de sécurité qui veillent aux entrées des sièges des grandes entreprises ont des photos de leurs dirigeants pour éviter de les expulser comme des importuns.

Mais aujourd'hui chacun connait le visage du Président de la République au travers des médias sans qu'il soit nécessaire d'utiliser les mairies pour en assurer une plus grande publicité. Et par ailleurs, ce n'est qu'une fonction élective temporaire et bien humaine qui n'a pas grand chose à voir avec le pouvoir de droit divin des monarchies. Si dans les prochains mois, un ancien Président de la République venait à être condamné par la justice, a posteriori, on pourrait juger de l'absurdité d'avoir accordé tant d'honneurs et érigé en exemple pour la jeunesse, une personne qui s'avérerait avoir été un criminel.

A St Julien, la précédente équipe municipale avait relégué le portrait du Président de la République en un lieu obscure, très largement au dessus du champ de vision habituel des usagers, dans une salle peu utilisée. Lors de la rénovation du salon des mariages, nous avions souhaité préservé les murs rénovés d'un portrait inutile et désuet. Le nouveau portrait du Président de la République ne sera donc pas plus affiché que celui de son prédécesseur à Saint-Julien.

C'est une décision d'autant plus facile à prendre maintenant, que pour ma part, c'est la première fois de ma vie d'adulte qu'est élu un Président de la République pour lequel j'ai voté dès le premier tour -et que par ailleurs, je connais et apprécie Soazig de la Moissonière qui a réalisé le portrait présidentiel, depuis le temps où elle était la photographe attitrée de François Bayrou. Cette décision n'a donc rien de partisane. C'est une simple décision politique qui a pour objet de rappeler que nous sommes dans une république dont les symboles intemporels sont la devise, le drapeau, la marseillaise, Marianne, mais pas des personnes vivantes.

Cette décision s'impose logiquement et naturellement à tous ceux qui estiment que dans une république la souveraineté vient du peuple et pas du Président de la République en tant que personne. Elle s'impose à tous ceux qui estiment que la France sera plus facile à réformer lorsque ses institutions faciliteront le changement en permettant à chacun de se l'approprier en y participant formellement plutôt que de se le voir imposer par des élections et des modes de scrutins manifestement de plus en plus contestables et contestées.

Depuis quelques semaines, je suis assez embarrassé par le concept du "Président Jupiter", qui me semble beaucoup plus adapté au XVIIème siècle de Louis XIV qu'au IIIème millénaire. A titre personnel, j'ai voté pour Emmanuel Macron, pas pour Jupiter.

Entre un Président normal et un Président Jupiter, il existe sans doute un juste milieu pour un Président qui préside une France qui, collectivement, améliore sa compétitivité pour créer des emplois pour tous et restaurer l'équilibre de ses comptes publics sans chercher à en rajouter dans la mise en scène, les ors de la république, ou l'apparat.

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