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lundi, 05 novembre 2007

le rôle du Maire (2/2) : un chef d'équipe

Saint-Julien-en-Genevois 

Ma conception du rôle du maire est très très différente de la conception autoritariste qui prévaut trop souvent en France.

Je pense que le Maire doit être avant tout un chef d'équipe au service d'une vision de la ville.

Il ne revient pas au Maire de définir la politique culturelle de la ville, mais à l'adjoint en charge de la culture. Il ne revient pas plus au Maire de définir la politique sportive. Si je prends ces deux exemples précis c'est que je pense précisément que le succès de l'équipe de Saint-Julien-en-Genevois dans le domaine de la culture et l'échec dans le domaine du sport tient précisément au fait que la politique de la culture a été définie par l'adjointe en question. Ce n'est pas le cas de la politique sportive, qui n'a d'ailleurs pas été définie du tout. Un adjoint est d'autant plus efficace qu'il agit pour ce en quoi il croit. Le rôle du Maire est d'aider et de soutenir les adjoints avec l'aide de l'ensemble de l'équipe municipale.

En revanche, il appartient au Maire de déterminer la politique d'ensemble de la commune : quels vont être les secteurs prioritaires ? sur quels objectifs communs les différents adjoints doivent contribuer ?

Il appartient également au Maire d'être toujours à l'écoute des habitants. De constamment renouveller cette capacité d'écoute. Combien d'élus croient avoir compris leurs administrés... pour s'apercevoir un peu trop tard que ceux-ci ont changé ? A Saint Julien en Genevois il y a près de 1300 électeurs supplémentaires depuis les dernières municipales, exactement autant que le nombre de voix obtenues par le Maire élu en 2001. Lorsqu'un électeur sur deux change en 6 ans, on ne peut pas avoir compris une bonne fois pour toute les préoccupations des habitants. Il faut savoir se remettre en question chaque jour.

Il appartient au Maire de motiver son équipe : chacun des Conseillers municipaux a une fonction importante à remplir. Il est le relais entre une partie de la population et le Conseil Municipal. Le Maire doit s'assurer que chacun est écouté.

Enfin, le Maire doit préparer sa succession dès le premier jour. C'est même là, sa plus grande contribution possible. Une équipe efficace et en ordre de marche est le plus beau leg qu'un Maire puisse faire à sa commune. Trop de Maire se croient irremplaçables et condamnent leur municipalité à des querelles de succession dont les habitants seront les premières victimes.

Il faut avoir une longue expérience du travail en équipe pour faire un bon Maire.

07:40 Publié dans Citoyenneté | Commentaires (6) | |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 02 novembre 2007

Le rôle du Maire (1/2) : le Maire n’est pas un roitelet

Saint-Julien-en-Genevois 

Au cours de mon long engagement politique et de mes différentes campagnes, j’ai assisté à des conseils municipaux dans près d’une trentaine de communes.

C’est toujours intéressant pour comprendre des problèmes d’une commune, mais aussi très instructif sur la dynamique de l’équipe municipale et de son maire. Pour simplifier les choses, il y a deux extrêmes : le Maire démocrate et participatif et le Maire autoritaire.

Le Maire démocrate favorise le débat au sein de l’équipe municipal. Tout le monde n’est pas toujours d’accord. On discute, on améliore et on décide. Des modestes et trop rares observations que j’ai pu faire, les Maires de Jonzier Epagny et de Savigny sont des Maires démocrates.

A l’extrême opposé, il y a le Maire autoritaire. Lors des Conseils municipaux du Maire autoritaire le Maire monopolise la parole. Il daigne parfois la donner à des adjoints mais seulement pour lire mot à mot des textes validés à l’avance par le Maire. Et comme si cela ne suffisait pas, le Maire introduit et conclut chacune des interventions de ses adjoints. Dans ce registre, Robert Borrel, Maire d’Annemasse, est le Maire le plus autoritaire qu’il m’ait été donné d’observer.

Le mode de scrutin par liste ou par panachage explique une partie de cette différence. Le débat a parfois lieu en privé hors du Conseil municipal. Mais souvent il n’y a pas du tout de débat. Le Maire décide de tout unilatéralement. Il y a un moyen très simple de différencier les Maires autoritaires des Maires démocrates : l’absentéisme en fin de mandat est encore plus important dans les équipes des Maires autoritaires. A quoi bon passer 6 ans à voter des délibérations comme des moutons. L’absentéisme de l’équipe de Saint-Julien-en-Genevois en cette fin de mandat, révèle à quel point les Conseillers Municipaux savent que leur point de vue n’est pas pris en compte.

Tous les modèles d’efficacité de groupe ont toujours démontré que la décision prise en équipe suite à un débat est toujours plus juste et plus efficace que la décision prise par une seule personne.

Récemment Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville, a sévèrement critiqué le gouvernement pour l’amendement ADN. Le premier ministre lui a confirmé sa confiance. A l’opposé, lorsque Roger Vioud, adjoint à Annemasse, dit ce qu’il pense et se permet d’émettre un début d’autocritique, ses délégations lui sont retirées. Même le Gouvernement de Nicolas Sarkozy peut donner des leçons de démocratie à l’équipe de Robert Borrel.

Notre pays compte trop de Maires qui se prennent pour des roitelets. Des Maires qui restent trop longtemps en place et perdent pieds avec la réalité. Plus le temps passent plus ils font du débat public une affaire personnelle plutôt qu’un échange pour améliorer la vie quotidienne des gens qu’ils doivent servir.

08:05 Publié dans Citoyenneté | Commentaires (3) | |  Facebook | |  Imprimer | |