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mardi, 02 mai 2017

A mes amis qui ont du mal avec le second tour

Je compatis. En tant que centriste, depuis que j'ai le droit de vote, à chaque élection (à part les municipales et une cantonale), je me suis retrouvé dans la situation dans laquelle vous êtes : mes idées sont exclues du second tour. Comme si j'étais privé de mon droit de vote et de ma citoyenneté.

En fait, pour moi, cela n'a pas duré que lors des seconds tours, mais durant toutes les législatures : aucun député ou presque pour représenter les idées qui me tiennent à cœur : pas des idées extrêmes ni marginales, celle d'un centre constructif et indépendant. Passionné par le débat public, j'en étais réduit à devoir éteindre toute émission de radio ou de télé française dès qu'il y avait un débat politique, tant il se limitait à des invectives attendues et stériles entre opposition et majorité. Mes convictions n'était pas seulement exclues du second tour, mais du débat public. Depuis 30 ans j'appartiens à une famille politique traitée comme des citoyens de seconde zone.

Aux dernières élections cantonales, alors qu'il me revenait la responsabilité de proclamer les résultats du premier tour qui nous éliminaient, les soutiens de Duby-Muller et Monteil se sont même permis de nous siffler et de nous huer : il nous restait alors le choix entre une extrême droite xénophobe et des saupoudreurs clientélistes qui avaient méprisé les 20% des habitants que nous représentions ! Depuis, ils saupoudrent leurs clientèles à coup de fonds publics.

Je n'ai jamais entendu ni l'extrême gauche, ni la droite républicaine, exprimer des regrets sur l'absence du centre indépendant de toute représentation politique. Et à ma connaissance, si Fillon ou Mélenchon avait été désignés pour le second tour, je doute qu'ils se seraient alors révoltés contre la violence des seconds tours et contre l'absence de l'un des deux candidats actuellement désignés. Ils connaissaient les règles lorsqu'ils ont présenté leur candidature... ce sont eux qui les ont voté.

Si les élections fonctionnent ainsi en France, un pays, lui ne peut pas fonctionner de cette manière. En France, depuis 15 ans, les lois sont adoptées par des mouvements politiques qui ne représentent qu'un quart des Français, il faut une légitimité beaucoup plus large pour changer en profondeur un pays. L'absence de représentativité populaire de nos institutions est l'une des causes du blocage de la France.

Pour autant, comment pourrions-nous nous priver d'un système majoritaire lorsque toute idée de compromis est si étrangère au débat public français. Sans scrutin majoritaire, avec un Mélenchon qui souhaite imposer la vision  de 19% des électeurs sur le droit du travail aux 81% restants, et avec une droite qui préfère voter contre la loi El Khomri car elle n'irait pas assez loin, comment pourrions nous adopter des lois ? A ce stade de notre incapacité à dialoguer pour parvenir à des consensus nationaux comme le conseil national de la résistance, le scrutin majoritaire à deux tours est nécessaire pour gouverner le pays.

Pendant ce temps là, dimanche dernier, à Lausanne, à l'occasion de l'élection de l'exécutif au suffrage majoritaire, un candidat de droite à obtenu près de 60% des suffrages et un candidat de gauche autant : preuve que la droite et la gauche peuvent se soutenir et travailler ensemble au service de tous.

Je pense qu'un jour nous devrons abandonner la violence et l'injustice du scrutin majoritaire, mais il faudra au préalable montrer que nous sommes capables de nous écouter les uns les autres pour échafauder des solutions de compromis collectif. Parce que quelques soient nos convictions, elles sont moins importante que le pays et la république.

Il y a cependant une grande différence entre tous les seconds tours auxquels j'ai du voter à contre cœur et celui-là. Celui-ci est pour toute la France. Il ne s'agit pas d'une simple représentation du Front National dans une instance délibérative. Une représentation dont les effets seraient limités par la diversité d'une instance délibérative. Non, cette fois ci, il s'agit d'élire un seul Président de la République Française, pour TOUT le pays et pour 5 ans.

Que vous soyez de gauche ou que vous soyez de droite, ayez conscience que des millions de Français au cours des 30 dernières années ont du voter pour VOS candidats aux seconds tours. Et qu'ils pourraient devoir le faire à nouveau au cours des prochaines semaines, des prochains mois et des prochaines années... si la République prévaut dimanche.

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