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lundi, 12 juin 2017

Législatives : "le flux et le reflux me font marrer" Raymond Devos

En tant que centriste, je suis satisfait de voir autant de centristes en position d'être élus à l'Assemblée nationale. De nombreux amis de toujours, avec lesquels j'ai milité ou avec lesquels j'ai été en formation depuis 20 ans, seront élus députés un peu partout en France la semaine prochaine. La plupart sont de très grande qualité comme Christophe Grudler à Belfort, Marc Fesneau à Blois, Maud Gatel à Paris, Vincent Chauvet en Saône et Loire ou encore Daphné Ract Madoux dans l'Essone.

Pour autant, il convient de rester humble. Nous avons combattu des représentations nationales qui ne représentent pas du tout la nation, car elles sont sources d'illusions et des désillusions qui les accompagnent. Elles conduisent inévitablement au blocage des institutions. Lorsque les Français ne sont pas représentés dans les institutions démocratiques, ils éprouvent légitimement le besoin de s'exprimer par d'autres moyens. Il en découle les blocages dans l'application des lois.

7 millions d'électeurs permettent une majorité pour légiférer, mais ils ne suffisent pas pour gouverner un pays de 65 millions de personnes. Pas plus hier pour l'UMP et le PS qu'aujourd'hui avec le Centre.

Le couplage des élections présidentielles et législatives conduit à la disparition progressive de toute identité pour le pouvoir législatif qui se réduit petit à petit au seul rôle de chambre d'enregistrement. Pourtant, dans les démocraties adultes, c'est le pouvoir législatif qui est au cœur du dispositif institutionnel. En Suisse, les présidents des organes législatifs sont considérés comme les premiers citoyens des communes, cantons et confédération.

Le député n'a pas pour seul rôle de voter la confiance et les budgets, mais surtout de rédiger des lois et de les améliorer. Faute de parlement fort, en France, les lois sont rédigés dans des cabinets ministériels par des têtes bien faites, mais totalement déconnectées du terrain. Elles sont le plus souvent inapplicables, contradictoires et confuses. Elles sont instables. Pour avoir de meilleures lois, il nous faut de meilleurs législateurs.

Pour que les Français acceptent les changements si indispensable il faut qu'ils soient associés à ce changement par des institutions représentatives de la diversité du pays.

Depuis 2001, à chaque élection législative les électeurs se préoccupent d'abord de la constitution d'une majorité présidentielle au premier tour. Les perdants des présidentielles se démobilisent pour ne pas faire barrage. D'autres se mobilisent pour qu'une majorité se dégage. Cela fait des vagues de premier tour. Puis au second tour, ils se préoccupent d'avoir un peu plus de diversité, cela conduit à des reflux. Les perdants des présidentielles se remobilisent pour avoir voix au chapitre, et les autres se mobilisent un peu moins désormais que la majorité est acquise. Le parti arrivé en seconde position a fait +8% au second tour en 2002, +14% en 2007 et +10% en 2012. 

"Le flux et le reflux me font marrer" disait Raymond Devos. Effectivement, il ne s'agit là que de d'écume. D'ici quelques semaines, le fond va nécessairement arriver : la modification du code du travail, la lutte contre le terrorisme et la criminalité, le rééquilibrage des comptes publics, la construction européenne ou encore la difficile éradication du chômage de masse. L'essentiel sera dans la qualité du travail législatif plutôt que dans les postures de confiance ou de défiance. Il y a de bons députés minoritaires et de mauvais députés minoritaires, il y a de bon députés majoritaires et de mauvais députés majoritaires : nous avons besoin de bons députés et d'un bon parlement pour avoir de meilleures lois, plus efficaces, plus adaptées et plus stables.

Nos institutions, le mode de scrutin majoritaire et le couplage des présidentielles et des législatives conduisent à ces majorités pléthoriques illusoires qui se traduisent deux ans plus tard par des blocages. Pour mieux associer la diversité des français souverains, il faudra dissocier les élections du pouvoir exécutif de celles du législatif ou les associer complètement en les tenant le même jour. Il faudra par ailleurs changer le mode de scrutin pour permettre une représentation pluraliste des Français. Le PS et l'UMP paient aujourd'hui le prix de ne l'avoir pas compris à temps et de s'être réjouis trop vite de la disparition de toute représentation démocratique du centre et des extrêmes.

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