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mercredi, 19 juillet 2017

Rythmes scolaires ou le retour de Pénélope

Le consensus Suisse a le mérite de permettre une stabilité du droit. Nos alternances politiques conduisent au contraire à des politiques Pénélope : on passe une énergie et des moyens publics délirants à défaire ce qu'on vient juste de terminer de faire au prix d'une énergie et de moyens publics délirants.

Il en va ainsi des rythmes scolaires. En une promesse électorale et un décret, le Gouvernement a mis le feu aux centaines de milliers d'écoles du pays.

A Saint-Julien, dès 2013, nous avons fait le choix unanime d'une semaine étalée sur 4 jours et demi. Bien sûr nous savions que cela ne facilitait pas la vie ni des parents ni des enseignants. Nous savions même que cela aurait un coût important pour la collectivité. Nous avons toutefois fait ce choix. Dans la minorité à l'époque, nous avions soutenu ce choix de l'équipe municipale de l'époque parce que nous partagions le diagnostic qui avait été posé : les enfants sont plus attentifs le matin et l'enseignement plus productif, les journées d'enseignement étaient trop longues. L'intérêt général commande de privilégier les rythmes des enfants aux intérêts d'organisation personnelle des parents et des enseignants.

Nous avons été confortés dans ce choix par les études qui ont été réalisées sur l'année scolaire 2013/2014. A l'époque 20% des communes avaient anticipées les nouveaux rythmes scolaires 80% continuaient avec la semaine de 4 jours. Selon les évaluations faites à l'époque, à la fin de l'année, les enfants qui étudiaient sur 4 jours et demi avaient 3 semaines d'avance sur le programme. Sur 6 ans de scolarité, cela représente une demi année d'enseignement supplémentaire, de quoi mieux partir dans la vie.

Nous avons été plus loin en améliorant les taux d'encadrement des activités périscolaires et en travaillant sur la qualité des activités proposées, en recrutant une coordinatrice de ces activités, en proposant des contrats pérennes aux animateurs. Un choix qui a impliqué de solliciter les parents pour contribuer partiellement au financement de ces activités qualitatives.

Et puis voilà que le Gouvernement, sans évaluation sérieuse et de manière précipitée publie un décret qui ouvre la possibilité d'abandonner cette réforme à mi parcours. Ce n'est pas sérieux de mobiliser autant d'énergie sans avoir au préalable évaluer les dispositifs de manière objective.

Pour notre part, nous avons conduit une évaluation de ces nouveaux rythmes au travers d'une enquête auprès des parents et des enfants. Cette évaluation indique que de nombreuses activités extrascolaires, sportives et associatives sont encore conduites le mardi soir alors même que les cours ont lieu le mercredi matin. Parfois jusqu'à des heures tardives pour de jeunes enfants. Il semble judicieux d'adapter le programme des enfants au nouveaux rythmes scolaires. Par ailleurs, on observe que des enfants pourraient être plus attentifs en classe si les heures de coucher étaient mieux encadrées. Bref, il y a encore des marges d'amélioration de ces nouveaux rythmes scolaires avant de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Pour St Julien, une modification des rythmes scolaires auraient des impacts majeurs : nous devrions y consacrer toute l'attention des services plutôt que de développer de nouveaux services tels que le Programme de Réussite Educative qui aident les enfants les plus en difficultés afin de lutter contre le décrochage scolaire, ou l'ouverture de la nouvelle école, de nouveaux lieux de restauration dans les écoles...

Cela poserait des questions sérieuses d'organisation alors que nous avons recruté des agents de la fonction publique territoriale pour assurer les activités périscolaires.

Nous étudierons la question le jour où il y aura une évaluation objective qui prouverait que la semaine de 4 jours serait significativement plus favorable qu'une semaine de 4 jours et demi pour l'apprentissage des enfants. En attendant, nous continuerons d'améliorer nos services en ligne, la qualité de l'accueil et de la restauration scolaire, d'œuvrer contre le décrochage scolaire et la mixité sociale.

16:53 | Commentaires (5) | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

bonjour Monsieur VIEILLARD,

Je vois avec plaisir que vous regrettez déjà votre soutien inconditionnel au président Macron, pourtant vous le saviez déjà pour la taxe d'habitation, c'était dans son programme, la réforme des rythmes scolaires abrogée à mi-parcours, c'est le signe de l'amateurisme de ce gouvernement et de ces députés gaudillots qui voteront ces lois en courbant l'échine devant leur maître, dire que vous espériez avoir l'investiture du parti En Marche, heureusement pour vous qu'ils vous ont oublié, parce que vous auriez du faire comme vos collègues députés, ne rien dire, et laissez faire.

Écrit par : DUCHOSAL | mercredi, 19 juillet 2017

Bonjour M. Duchosal,

Vous avez une vision très binaire des enjeux politiques : on aime ou on aime pas, on prend tout ou on prend rien. Par ailleurs, je note que sur la question des rythmes scolaires vous n'avez pas d'avis.

Je ne regrette en rien mon vote. C'était de toute évidence le meilleur des candidats en situation d'être élu. Cela n'en fait pas un homme parfait dont je partagerai 100% des idées. Et le fait d'avoir voter pour Emmanuel Macron ne m'interdit pas de continuer à réfléchir.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | jeudi, 20 juillet 2017

Bonjour,

J'ai lu avec attention votre mot sur les rythmes scolaires et je partage en tout cas un élément : en France, le nouveau gouvernement se plaît à défaire ce que le précédent à mis en place. Vu de l'extérieur, c'est assez amusant (je suis genevois)...vu de l'intérieur c'est assez agaçant (j'habite à Saint-Julien).
Ayant deux enfants, la question des rythmes scolaires me touchent donc quotidiennement. Dans mon entourage, pas un seul parent n'apprécie ce rythme: les enfants sont très fatigués, les activités extra scolaires sont entassées le mercredi après-midi et il faut être expert dans l'art du jonglage pour amener chaque enfant de la famille à son ou ses activités. Conséquence annexe : des activités se retrouvent programmées, comme vous le mentionné, le mardi soir par exemple. Non pas par plaisir de mettre les enfants au lit tardivement mais par manque de temps le mercredi.
Certes les enfants étudient mieux le matin, mais 1h45 de cours l'après-midi ne permet pas de faire grand-chose...parole de maîtresse.
Enfin, si ces "nouveaux" rythmes sont si merveilleux, on peut se demander pourquoi les écoles privées ne les suivent pas et pourquoi elles sont prises d'assaut par les parents.

Genève a trouvé, je pense, un juste milieu avec les 4 premières années sans mercredi matin puis l'introduction de cette demi-journée pour les plus grands. Je ne pense pas que les petits écoliers genevois soient moins bien formés que les petits écoliers Saint-Juliennois.

La proposition du gouvernement actuel est en effet précipitée mais elle répond certainement à une demande. La FCPE a fait un sondage dans les écoles de Saint-Julien, je serai curieux de connaître le résultat. Dans l'école de mon fils cela devait tourner à plus de 80% pour la semaine de 4 jours...à méditer.

Cordialement,

Écrit par : Bagdassarian Fabrice | mercredi, 26 juillet 2017

Bonjour Monsieur,

La semaine scolaire sur quatre jours et demi est bénéfique pour l'apprentissage des enfants, mais pose des difficultés d'organisation aux parents et aux enseignants.

Si l'enseignement privé n'a pas choisi cette organisation c'est pour mieux répondre aux préoccupations des parents et aussi en partie des enseignants qui préfèrent concentrer leur temps de travail sur moins de jours. Nous y sommes aussi attachés, mais du point de vue de l'intérêt général, nous plaçons les enjeux d'apprentissage des enfants devant les contraintes des parents et des enseignants.

Certains enfants sont fatigués. Mais comme vous le décrivez et comme cela se confirme dans l'enquête que nous avons conduit auprès des parents et des enfants, ils sont surtout fatigués par la course aux activités et des horaires de coucher tardifs, plus que par l'organisation du temps scolaire.

Bien cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | jeudi, 27 juillet 2017

"Si l'enseignement privé n'a pas choisi cette organisation c'est pour mieux répondre aux préoccupations des parents et aussi en partie des enseignants qui préfèrent concentrer leur temps de travail sur moins de jours. "Hou, hou: que ce soit le privé ou le public, si c'était les profs et sans doute même les parents (et les mairies qui ont du payer la facture) qui avaient eu à choisir, tout le monde serait resté à la semaine de 4 jours!!!

Il me semble qu'il existe une autre raison - la plus importante: qui aurait géré les activités dans pour les élèves du privé? Qui aurait payé les animateurs? Qui aurait mis à disposition les locaux?
Dans le cas de Saint Julien, est-ce que la mairie est prête à prendre en charge les activités de fin d'après-midi des enfants scolarisés à la Présentation de Marie? A embaucher d'autres animateurs? Mettre en place les créneaux pour un autre établissement?

De manière générale (dans la plupart des communes), ce service n'étant pas ouvert aux élèves scolarisés dans le privé, les établissements privés ont choisi de conserver la semaine de 4 jours. Le financement de ces activités par les élèves aurait engendré un surcoût des frais de scolarité pour les familles.

Localement, les associations y trouvent parfois leur compte: cela leur permet de décharger les activités/cours du mercredi après-midi en ouvrant des créneaux le matin pour les élèves du privé. (C'est le cas dans notre commune...)

Bien cordialement!

Écrit par : Christine | mardi, 22 août 2017

Les commentaires sont fermés.