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lundi, 09 octobre 2017

Mieux rémunérer et mieux valoriser le travail en France

"Notre problème n'est pas le code du travail mais la valorisation du travail" me disait il y a quelques mois une cheffe d'entreprise. Selon elle, le code du travail est complexe et coûteux, mais les chefs d'entreprise le connaissent et ont appris à travailler avec, à planifier avec. Selon elle c'est la valeur qu'on donne au travail en France qui pose problème. Elle me cite l'exemple de ce collaborateur qui un jour lui demande un licenciement conventionnel. Préoccupée par la charge qui serait ainsi laissée à la collectivité, elle refuse ce licenciement. Le collaborateur cesse alors de s'impliquer professionnellement. Elle le recadre, et se voit poursuivre pour harcèlement. Depuis elle accepte les licenciements conventionnels au détriment de la collectivité, du pouvoir d'achat des salariés et de la compétitivité de leurs employeurs.

Ce témoignage s'ajoute à de nombreux autres qui concordent. Comme cet autre chef d'entreprise qui peine à recruter et qui est contacté régulièrement par des candidats aussi fictifs que certains emplois et qui ne souhaitent pas réellement candidater mais surtout un tampon sur leur feuille pour garder leurs droits à Pôle Emploi. Ou encore ces saisonniers qui préfèrent ne travailler que la moitié de l'année, en Suisse en l'occurrence, pour rouvrir leurs droits à l'emploi en continu sur l'autre moitié de l'année. Ou encore ces infirmières qui ont assuré des contrats temporaires en Suisse et qui font valoir leurs droits à indemnité auprès de l'hôpital d'Annecy contraint de les indemniser à des niveaux de rémunération suisse alors même qu'il fait face à une pénurie de personnel. J'ai surtout été abasourdi par ce témoignage d'un chef d'entreprise dans la restauration qui m'a indiqué le nombre ahurissant d'abandons de poste : sans nouvelle de ses anciens collaborateurs, il doit engager des procédures de licenciement et verser des indemnités à des fantômes qui ont disparu de la circulation. Une autre entrepreneur m'indique que lorsqu'elle propose un temps plein à un employé qui travaille à 60%, celui-ci lui répond, "je préfère garder du temps pour faire du sport"... comme si un contrat de 35h ne permettait pas de faire du sport ! A la mairie, il nous arrive régulièrement de nous voir poser des lapins lorsque nous organisons des jury de recrutement. Comment comprendre que la Haute-Savoie soit l'un des départements de France où le taux de chômage est le plus faible, mais la durée de chômage la plus longue... sauf à se souvenir que c'est aussi celui où le montant des indemnités versées est le plus élevé. Tout cela dans un pays qui compte officiellement 3 millions de chômeurs !?!

Pourtant, le travail est une source d'épanouissement, un lieu de socialisation, un moyen de gagner sa vie et de mener à bien des projets, un lieu où l'on apprend, mais surtout une activité par laquelle on est utile à la société.

Quand je constate, comme j'ai pu le faire, que la multiplicité et l'incohérence de certains dispositifs sociaux (allocations familiales, APL, AAH, logement social, placement des enfants...) conduisent par exemple une famille de St Julien qui n'a jamais travaillé à disposer d'un pouvoir d'achat deux fois supérieur au revenu médian des habitants, je constate qu'il est nécessaire que le travail soit à l'avenir mieux rémunéré que l'oisiveté et la délinquance.

Quand je constate que nous faisons peser sur le travail trois fois plus de charges sociales que nos voisins suisses, j'applaudis des deux mains l'initiative du gouvernement de basculer une partie des charges sociales sur une base plus large au travers de la CSG pour que demain ceux qui travaillent soient mieux récompenser de leur contribution.

Nous avons encore beaucoup à faire dans la valorisation du travail, mais de toute évidence, seuls les pays où l'on a plaisir à travailler peuvent progresser, s'émanciper, et rester indépendants des autres.

 

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Commentaires

Merci pour ce témoignage limpide.

Écrit par : BUET | mardi, 10 octobre 2017

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